Don Bosco Bailleul : six scouts engagés auprès des enfants au Pérou


De retour après trois semaines et demie passées au Pérou, à Oropesa, non loin de Cuzco, Margaux, Timothée, Martin, Mathieu, Capucine et Ulysse, six Bailleulois de la branche « compagnons » des Scouts et Guides de France, témoignent de leur engagement auprès des jeunes dans un orphelinat. Ils ont même défilé aux côtés des scouts salésiens de Cuzco lors d’une grande parade dans la ville !

Parmi les six scouts, quatre sont anciens élèves du Collège Immaculée Conception de Bailleul (Nord). Ils sont scouts et guides de France depuis l’enfance ou l’adolescence et, à 17 ans, ont choisi de former ensemble une équipe, la 7e Compagnie. Leur idée est d’organiser et de vivre un grand projet solidaire à la rencontre d’une autre culture en se mettant au service d’une association locale. Déjà l’année dernière, après le grand rassemblement scout « Clameurs », les six jeunes s’étaient mis au service de l’association France Terre d’Asile, à Arras, offrant aux jeunes migrants présents des temps de jeu et d’activités.

Mais cet été a vu la concrétisation de leur projet final au Pérou. « Pendant près de deux ans, nous avons organisé ensemble le projet. Nous étions tous attirés par l’Amérique latine, et sa culture que nous ne connaissions pas et qui nous faisait rêver. C’est donc de ce côté que nous avons cherché une association. Nous étions tous également d’accord sur la nature du projet, nous voulions réaliser une action concrète au près d’enfants, en lien avec l’éducation. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous avons pris contact avec l’orphelinat Asul Wasi [1], au sud du Pérou, là où était parti une équipe de scouts hazebrouckois (Nord) il y a quelques années. Cette association, dirigée par un ancien chef scout péruvien, nous a permis de combiner notre envie de découvrir la culture latino-américaine hors des sentiers battus et l’organisation d’un projet concret avec les jeunes d’Oropesa. » explique Martin.

Passer du temps avec les jeunes

Les six scouts de Bailleul au Pérou.

Arrivés au Pérou le 28 juillet, les six scouts ont été accueillis à bras ouverts par la dizaine d’enfants et les deux responsables de l’orphelinat. Comme le séjour tombait pendant les vacances scolaires péruviennes, les scouts ont participé aux tâches qui rythment les journées de cette grande famille. « Nous avons aidé à cuisiner, tous les matins, à entretenir le potager, à s’occuper des nombreux animaux de l’orphelinat, nous avons rénové une chambre. Mais surtout, nous avons passé du temps avec les jeunes à jouer, à finir les devoirs, à rire, sans jamais manquer le match de football quotidien ! »

Les Français ont également eu la chance de partir en excursion dans un village reculé de l’arrière-pays montagnard, avec les jeunes de l’orphelinat. Préparé pour deux jours, le séjour en a finalement fait quatre, à la grande joie des enfants. « Nous avons randonné dans la montagne, pêché (l’activité favorite des garçons) et dégusté ensuite les truites attrapées, joué au football, gouté à la cuisine traditionnelle au feu de bois, dormi en tente avec des températures autour de 0°C… Quelle aventure inoubliable ! »

« Nous avons aussi constaté combien les jeunes étaient heureux, entourés par l’affection des responsables. ‘Sans affection, pas de confiance et sans confiance, pas d’éducation’ disait Don Bosco. Voir ces principes salésiens mis en pratique au service de la jeunesse, dans un petit orphelinat protestant, perdu dans la campagne péruvienne, fait chaud au cœur. Désormais, nous devons donc transmettre cette joie qui nous a touchés. Par notre engagement de chef scout par exemple, nous souhaitons faire vivre aux jeunes des expériences inoubliables, comme nous avons eu la chance d’en vivre nous-mêmes ! » témoignent-ils.

Des rencontres marquantes

En un peu plus de trois semaines, les six compagnons ont fait de belles rencontres, comme celles d’Alcides, le gérant de l’orphelinat et de Vicky et Dante, les responsables sur place. Leur témoignage d’une vie entièrement tournée au service des jeunes a impressionné les jeunes français.

Mais d’autres rencontres ont également été inspirantes comme celles de Paul, un chef scout collectionneur d’objets scouts et directeur d’une agence de voyage. « Il nous fait visiter la ville et un site archéologique inca, nous a aidé pour les transports… Il est une de ces figures inspirantes, à la vie passionnante et qui a toujours un souvenir scout ou une rencontre à raconter ! » Les échanges avec trois groupes scouts de Cuzco furent aussi de bons moments de partage et de découverte.

Anecdote : à la fin du voyage, tandis qu’ils prenaient quelques jours de découverte culturelle de la région (qui regorge de sites Incas), les six Français traversent la ville de Cusco à la recherche d’un bus. « Un grand défilé se déroulait autour de la Plaza de Armas, place principale de la ville et quelle ne fut pas notre surprise quand, en traversant la rue, nous sommes tombés sur un groupe scout qui se préparait à passer devant la tribune d’honneur. Surprise qui augmenta encore quand le responsable du groupe nous proposa de défiler avec eux. Il s’agissait du groupe scout rattaché au Collège Salésien de Cusco qui défilait pour le bicentenaire de la création du Glorioso Colegio Nacional de Ciencias, par le ‘Gran Libertador’, Simon Bolivar lui-même. »

Au final, ce projet leur a permis de découvrir la culture péruvienne, auprès des habitants et hors des chemins touristiques. Ce fut une très belle expérience, pleine de rencontres, de partage et de petites joies. Un projet qui les a fait grandir et les a ouverts à la rencontre. La préparation, la gestion sur place des imprévus ou les petites difficultés de la langue ont été autant de formations à l’autonomie. « De plus, la rencontre d’une autre culture, l’accueil toujours excellent que nous avons reçu dans l’orphelinat, les groupes scouts et partout où nous allions resteront très important pour nous. Nous avons pu vaincre nos timidités, nos stress et nos doutes pour aller à la rencontre de l’autre. Cette expérience péruvienne marquera le reste de notre vie ! » concluent-ils avec des étoiles du Pérou dans les yeux.

Propos recueillis par Nicolas BOGAERT

[1] Azul Wasi  signifie « la maison bleue » dans un mélange d’espagnol et de Quechua.