La Fondation Don Bosco (Paris) et la Fondation du Bocage (Chambéry) organisaient ce jeudi 19 mars leur événement annuel, à l’institut catholique de Paris. La table ronde animée par Isabelle de Gaulmyn, présidente des Semaines sociales de France réunissait Vicki Ann Cremona, professeur d’université, ancienne ambassadrice de Malte en France (2005-2009), présidente de l’ONG maltaise Repubblika, et Xavier de Verchère, salésien de Don Bosco, prêtre, aumônier général des Scouts et Guides de France.
« Eduquer, c’est croire en la capacité de chaque jeune d’être quelqu’un qui peut se mettre au service des autres (…) A nous, éducateurs, de permettre aux jeunes d’être pleinement acteurs du monde de demain, pour une société plus juste, plus équitable, plus responsable. » Se mettre au service des autres, être pleinement acteurs du monde : en deux expressions, dans le magnifique grand amphithéâtre de l’institut catholique de Paris (quasi comble), à deux pas du Sénat, le mot « engagement », thème de cette édition 2026, a été approfondi ce jeudi 19 mars 2026. Qu’est-ce qui aujourd’hui peut amener des jeunes à s’engager ?
« Ils sont très sensibles à ce qui se passe dans le monde »
Les deux invités ont évoqué la jeunesse qu’ils côtoient : pour Vicki Ann Cremona, universitaire (elle est professeur d’histoire du théâtre à Malte mais connait formidablement bien la France pour y avoir fait toutes ses études universitaires et y avoir été ambassadrice de son pays pendant 4 ans), ce sont les étudiants. « Je les sens démunis face à un monde où la réussite est associée à l’argent et à la célébrité (…) mais ils sont engagés quand il s’agit d’écologie. Ils ont aussi été très sensibles à la cause palestinienne. Je les sens plus distants, moins engagés sur la question de la corruption à Malte », l’un des combats de Vicki Ann Cremona à travers l’ONG Repubblika.
Pour Xavier de Verchère, ce sont les jeunes accueillis chez les Scouts et Guides de France (ils sont 98 000 !) : « Ils sont très sensibles à ce qui se passe dans le monde, ils ont bien compris que ce qui se passe à un endroit du globe à des incidences partout, y compris chez nous. Ils veulent aussi peser sur ce qui leur semble inacceptable au XXIe siècle. On sent notamment une angoisse vis-à-vis de l’urgence écologique. »
« L’engagement est d’abord une expérience vécue »
Comment les accompagner ? Les amener à s’engager ? « Le scoutisme repose sur une idée simple : les jeunes apprennent en agissant. L’engagement n’est pas d’abord un discours, mais une expérience vécue » répond l’aumônier général. « Nous accueillons des jeunes qui se posent quantité de questions : quelle est ma place sur Terre ? Pourquoi je suis là ? On me dit que je suis unique, mais quelle est ma vocation ? (…) A la base de l’engagement, il y a cette question, qui m’a souvent animé : quel est mon idéal ? Nos lieux éducatifs, nos mouvements, nos universités, notre Eglise doivent être des lieux où l’on peut porter un idéal. Et le rôle de l’éducateur, à la suite de Don Bosco, de Costa de Beauregard ou de Baden-Powell, c’est de croire que cet idéal-là, des jeunes peuvent le porter. »
Pour l’universitaire maltaise, dont la famille chemine depuis toujours aux côtés de la famille salésienne de Don Bosco, « c’est aussi par l’exemple que l’on peut y arriver. A l’université, on accueille parfois des jeunes qui entrent dans des études qui ne les intéressent pas. Il faut leur faire comprendre que les études sont des engagements. Et notamment par notre comportement, notre exemple. »
Un comportement qui demande de la « cohérence », souligna en conclusion le père Xavier Ernst, provincial des Salésiens de Don Bosco France-Belgique sud : « Nous avons tous été jeunes. Souvenez-vous : vous avez croisé des adultes qui, sans grand discours, vous ont appris le sens de l’engagement. » Ce qui nous ramène à ces deux phrases fortes de la soirée : « Eduquer, c’est croire en la capacité de chaque jeune d’être quelqu’un qui peut se mettre au service des autres. A nous, éducateurs, de permettre aux jeunes d’être pleinement acteurs du monde de demain, pour une société plus juste, plus équitable, plus responsable. »
Pourquoi cette soirée ?
Pourquoi cette soirée ? « C’est un rendez-vous important car il nous permet de vous rencontrer, il vous permet de mieux nous connaître, il nous permet de vous rendre compte de comment votre aide est utilisée » a rappelé en introduction Xavier de Roissart, directeur général de la Fondation du Bocage (Chambéry). Cet événement annuel, désormais bien installé dans le calendrier, bénéficie du soutien de la banque française Cholet Dupont Oudart, du cabinet Rydge Conseil (4500 collaborateurs en France) et Durand Imprimeurs, société familiale basée à Fécamp.
Rappelons que la banque Cholet Dupont Oudart (l’une des plus anciennes banques françaises, fondé en 1784) est associée aux fondations salésiennes Don Bosco (Paris) et du Bocage (Chambéry), à travers le fonds de partage « Education et dialogue », afin de financer des projets éducatifs en France et dans le monde. La mécanique est simple. Les investisseurs ne se départissent pas de leur capital et enregistrent leurs plus-values. La banque cède une partie de ses frais de gestion aux fondations, qui disposent ainsi de revenus réguliers pour soutenir ses projets éducatifs. Cela n’engendre aucun coût pour l’investisseur, juste la décision de soutenir le fonds de partage.
Benoit DESEURE (texte)
Pierre et Thomas TRUPIN (photos)
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