Niçoise d’origine mais Belge d’adoption, Marie Clergeau a fondé le centre de santé mentale RebornTrauma, à Bruxelles, spécialisé dans l’accompagnement des victimes de psychotraumatismes. Elle a témoigné l’été dernier au Campobosco. Portrait.
L’attention aux exclus
Cette Niçoise d’origine, désormais psychologue, est installée à Bruxelles et c’est là-bas qu’elle a fait la rencontre des sœurs salésiennes quelques mois auparavant. Entre celles-ci, qui animent l’internat éducatif de Ganshoren, ce quartier au nord de Bruxelles, et qui vouent leur vie à l’éducation des jeunes, et la jeune femme, le courant est tout de suite passé. Un « courant » fait d’éducation, d’attention à l’autre, d’accueil de l’étranger et de l’exclu.
L’histoire qui mène Marie Clergeau jusqu’à la création de son centre de santé mentale RebornTrauma, débute vers ses 12-13 ans, à Nice. « C’est l’un des surveillants du collège où j’étais qui nous a présenté l’association Mir (mot qui signifie « paix » en serbo-croate). Une fois par mois, on effectuait une maraude auprès des sans-abris. » L’expérience va la marquer. Au gré de ses études, à Guingamp, à Toulouse, à Liège et à Bruxelles, elle trouvera toujours un engagement ou un stage pour se mettre au service. « J’ai par exemple fait un stage chez Saveurs d’exil, j’ai accompagné des demandeurs d’asile pour des entretiens ou des recueils de témoignages en vue de constituer leur dossier« .
« Je sais que Dieu est avec moi »
Car clairement, pour Marie, « Les demandeurs d’asile, c’est Jésus que je vois tous les jours. Et tous les jours, je suis témoin de résurrections, de la part de personnes qui ont vécu des choses horribles. Je suis témoin qu’on n’est pas toute sa vie attachée à ses traumatismes, qu’on peut s’en sortir. Que l’amour soigne ». Ainsi va donc sa vie au sein de ce centre de santé mentale RebornTrauma, qu’elle a créé.
Une énergie qui prend sa source en Christ : « Je refuse de perdre l’espérance, je sais que Dieu est avec moi. D’ailleurs, je dis souvent que Dieu est plus têtu que moi, ce qui n’est pas facile ! », conclut Marie en souriant. Elle qui s’est fait tatouée le mot espoir sur le bras, « pour ne plus jamais le perdre ».
Texte : Benoit DESEURE
Photos : Thibault PRAS
Ce portrait de Marie Clergeau est paru dans le numéro de février 2025 de la revue francophone « Don Bosco Aujourd’hui ». Pour vous abonner à la revue et ainsi soutenir la communication de la famille salésienne de Don Bosco en France et en Belgique, toutes les infos sont ici.
Pour aller plus loin :
- Centre de santé mentale RebornTrauma : le site web.
- Internat éducatif Don Bosco de Ganshoren : le site web.
- Notre article « L’espoir fait libre » : dans les coulisses du choix du thème du Campobosco 2024
- Notre article « L’espoir fait libre ! » : les punchlines du Campobosco 2024